extinction rebellion

À propos d'XR.

Extinction Rebellion est un mouvement international, décentralisé, autonome, et apartisan, ayant recours à l’action directe non-violente pour faire pression sur les gouvernements, afin qu’ils prennent enfin les mesures radicales nécessaires pour faire face à l’urgence écologique et climatique.

>>> Voir notre rapport annuel
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Nos revendications.

1. Exigeons la vérité !

Nous exigeons de nos gouvernements qu’ils relaient la vérité en déclarant l’urgence écologique et climatique, en travaillant de concert avec les médias et d’autres institutions, et qu’ils communiquent sur l’urgente nécessité à générer le changement.

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2. Agissons maintenant !

Nous exigeons de nos gouvernements qu’ils prennent immédiatement des mesures pour enrayer l’effondrement de la biodiversité, et pour réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, dans l’objectif de parvenir à la neutralité carbone d’ici 2025.

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3. Optons pour une assemblée nationale citoyenne décisionnaire !

Nous exigeons de nos gouvernements qu’ils mettent en place une assemblée nationale citoyenne qui soit dotée du pouvoir décisionnel en matière de justice écologique et sociale.

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Nos valeurs.

Toute personne ou groupe peut s'organiser de manière autonome, et agir en tant que membre d'XR, et en en respectant l'esprit, tant que ses actions cadrent avec nos principes et valeurs. Le pouvoir est ainsi décentralisé, ce qui signifie qu’il n’est pas nécessaire de demander l’aval d’un quelconque autre groupe, voire d’une autorité centrale.

Il est de notre devoir de faire en sorte de laisser une planète vivable aux générations à venir. Nous savons, au fond, qu’un autre monde est possible. Notre vision du changement est assez vaste pour inclure diverses opinions sur la meilleure façon de susciter ce changement.

Notre monde est en pleine crise. La vie elle-même est menacée. Cependant, toute crise porte en elle la possibilité d’une transformation. Partout dans le monde, des gens en prennent conscience et s’unissent sous l’impulsion des jeunes.

L’Histoire nous appelle depuis le futur. Là où nous avons pu préserver la trame complexe du vivant, nous entrevoyons un monde fait d’amour, de respect et de régénération. C’est un futur qui réside en chacun‧e d’entre nous, dans l’amour farouche que nous portons à nos enfants, dans notre volonté irrépressible de venir en aide à un‧e étranger‧e en détresse, dans notre volonté de pardonner, même quand cela semble être trop demander.

Et c’est pour ça que nous nous rebellons, en appelant à la joie, à la beauté et à la créativité. Nous nous soulevons au nom de la vérité et refusons de continuer à consentir à l’écocide, à l’oppression et au patriarcat. Nous nous soulevons pour un monde où le pouvoir est partagé en vue de régénération, de réparation, de respect et de réconciliation. Nous nous soulevons en vertu de l’amour dans son ultime sagesse, et nous nous projetons bien au-delà de notre vie à nous, nous tournant vers un horizon dédié aux futures générations et à la protection de l’intégrité de notre planète.

Notre rébellion commune est le cadeau dont ce monde a besoin. Nous sommes XR et vous êtes nous.

Le changement requis est certes énorme, mais réalisable. Il n’y a pas un gouvernement qui ait résisté à un soulèvement impliquant l’active participation d’au moins 3,5 % de la population, et ce, d’après les travaux d’Erica Chenoweth (xxx). En France, cela correspondrait à une mobilisation d’environ deux millions de personnes pour parvenir rapidement à une redistribution des richesses, à un changement des structures de pouvoir, et pour éviter qu’une élite ne perpétue une idéologie égoïste.

Nous avons conscience de traverser une crise sans précédent qui peut être difficile à appréhender et à gérer émotionnellement. Nous sommes en train de vivre la 6ème extinction de masse des espèces et nous ne prenons pas les mesures adéquates pour dévier notre civilisation de la trajectoire infernale du changement climatique. Le monde est profondément inéquitable, les richesses et les pouvoirs sont accaparés par une infime minorité. Des crises relatives à notre santé mentale et physique se font ressentir, notamment chez nos enfants, qui subissent différentes formes de malnutrition, et dont l’environnement est de plus en plus toxique. Nous vivons sous la menace de pandémies, parallèlement à celle de la résistance aux antibiotiques. Notre système financier est voué à une crise comme nous n’en avons jamais vécu. Nous vivons dans une culture de compétition, de vengeance, de terrorisme et de conquête de l’autre.

Nous reconnaissons que notre mission n’est pas tant de « sauver le monde », mais bien de développer notre résilience face aux multiples effondrements à venir. Nous nous concentrons sur ce qu’il faudrait améliorer :

  • Une démocratie digne de ce nom, dans laquelle la population aurait un réel rôle/poids dans les prises de décision, ce qui impliquerait de rendre le pouvoir aux citoyen‧nes, et de mettre en place des structures pour faciliter la prise de décision aux niveaux local, régional, national et international ;
  • Une économie conçue pour maximiser le bien-être de chacun‧e, et minimiser les dommages infligés à notre planète et à chaque être y habitant. Nous avons besoin de mesures et de lois garantissant plus d’égalité et nous permettant de relocaliser la production, de réduire notre consommation et d’atteindre les objectifs zéro émission nette de CO2 et zéro déchet ;
  • La mise en œuvre d’une culture régénératrice. Nous pouvons commencer cela dès maintenant ! (Voir principe 3)

Nous pourrions certes nous concentrer sur les symptômes de ce système délétère, mais nous ferions tout aussi bien de faire valoir qu’un changement de système radical est requis, et nous insistons aussi sur le fait que ce sont ces piliers qui maintiennent le système néo-libéral en place :

- un secteur financier dérégulé basé sur un système de dettes et d’intérêts ;
- une démocratie biaisée et défaillante ;
- des médias au service des intérêts de corporations et de riches oligarques.

Une culture régénératrice est saine, résiliente et modulable. Elle prend soin de la planète et du vivant, en ayant conscience que c’est l’unique manière d’envisager un avenir prospère pour l’humanité. Une culture régénératrice se forge de jour en jour, avançant pas à pas, s’installant, et se bonifiant au fur et à mesure, que ce soit au niveau des individu‧es, des communautés, du sol, de l’air, ou de l’eau. Nous ne nous contentons pas d’être un réseau d’activistes, nous cherchons aussi les moyens d’incarner et de susciter ce changement positif. Cela peut se faire à l’aide de cérémonies, de prières (spontanées, et non dogmatiques) comme un moyen d’aspirer à ce qui nous dépasse. Nous avons besoin de nous reconnecter à l’amour que nous portons à nos pays, à nos peuples, à nos proches, au sens le plus large, à la nature, et à nous-mêmes.

La culture régénératrice implique de prendre soin de tout ce qui nous entoure, à commencer par soi, pour pouvoir prendre soin de l’autre, du groupe, du mouvement et de notre environnement. Prendre soin de soi, c’est à dire veiller à se donner les moyens d’évoluer au mieux, en dépit de l’adversité, et du caractère toxique du monde qui nous entoure… Prendre soin les un‧es des autres durant les actions directes de désobéissance civile que nous menons ensemble en se soutenant mutuellement avant, pendant et après chaque action.

Prendre soin des relations que nous entretenons les un‧es avec les autres, au sein de nos groupes de travail, ou de groupes affinitaires, lors des réunions et des formations, en étant attentif‧ves aux impacts que nos actes et paroles peuvent avoir sur les autres.

Prendre soin de nos membres, prêter attention à la cohésion du réseau, renforcer nos liens et notre respect de ces principes et valeurs sont des conditions essentielles au bon développement du mouvement.

Prendre soin de notre environnement et de l’ensemble des êtres qui l’habitent, de notre communauté au sens le plus large du terme et de notre planète nourricière.

Il est donc ici question de liens, de relations, celles que nous entretenons avec nous-mêmes et notre histoire personnelle, celles qui nous relient aux combats que nous menons, qui nous relient aux autres, au quotidien, celles enfin que nous tissons en tant que membres d’un groupe, et toutes ces relations sont intrinsèquement liées.

Prendre soin de soi, c’est aussi veiller à porter une attention particulière à la part la plus animale qui nous habite et qui a tendance à nous faire réagir instinctivement par l’agressivité ou la fuite face aux situations conflictuelles.

Il est de notre devoir de désobéir face à ce système qui, en plus d’être profondément injuste, détruit la vie sur terre. Certain‧es d’entre nous entreprendront des actions « à découvert » qui leur feront encourir le risque d’être arrêté‧es, voire inculpé‧es. Il est maintenant assez clair que ce type d’action directe de désobéissance civile est crucial pour initier le changement (cf par exemple Counter Power de Tim Gee et This is an Uprising de Engler et Engler). Il n’est pas nécessaire ni demandé à tout le monde de s’y risquer, et certain‧es ont de bonnes raisons de ne pas le faire. Il est important qu’au sein d’XR nous soyons à même de soutenir celles et ceux qui sont prêt‧es à s’exposer de cette façon. Il y a aussi beaucoup de rôles de soutien qui sont tout aussi utiles, et nous devons permettre à au moins 3 % de la population de participer activement.

Nous mettrons en place et développerons une culture de sécurité, de façon à pouvoir organiser nos actions et qu’elles ne soient pas empêchées avant d’avoir été mises en œuvre. Quoi qu’il en soit, nos actions directes de désobéissance civile se font "à visage découvert", au vu et au su de toutes et tous, et nous avons mis en ligne une déclaration relative à notre « devoir de nécessité », expliquant pourquoi nous estimons que nos actions sont justifiées.

Nous soutenons et admirons celles et ceux qui s’engagent dans des actions plus clandestines, sous couvert du secret ou de l’anonymat, luttant pour la justice environnementale et sociale, au sein d’autres mouvements, mais pour que cela soit clair, et pour assurer la sécurité des activistes d’Extinction Rebellion, nous insistons sur le fait que toutes les actions menées au sein d’XR se font à découvert.

Toutefois, nous ne sommes pas juste là pour mener des actions, mais aussi pour développer tous les tenants de la culture régénératrice, et prendre le temps de nous questionner sur l’efficacité de ce que nous entreprenons. Prendre soin de soi et des autres peut sembler être un défi supplémentaire, et il peut être tentant de passer à l’étape suivante, à savoir « être dans l’action », mais cela peut vite conduire au « burn-out ».

Il est primordial que nous puissions amorcer des changements dans nos propres vies, afin de prétendre à un changement de système radical. Changer de régime alimentaire, de destination de vacances, etc. (bien que ces responsabilités individuelles soient surestimées, et fort souvent relatives à une situation sociale privilégiée) sont des facteurs que nous devons prendre en considération en faisant preuve de patience et d’une volonté d’essayer de nouvelles choses pour voir si elles peuvent se combiner à nos objectifs.

Nous ne savons pas comment les choses vont changer et nous sommes donc prêts à tenter des expériences et à tirer parti de leurs enseignements. En s’interrogeant continuellement, en réfléchissant et en tenant compte de ce qui a pu fonctionner ailleurs, nous améliorons nos modes opératoires et évitons ainsi de tomber dans l’écueil de schémas répétitifs. C’est une démarche active et permanente qui requiert que les membres et les groupes de travail prennent le temps et le recul de considérer ce qui a fonctionné, ou pas, et ce qu’il serait préférable d’envisager autrement.

En tant que mouvement, nous nous engageons à nous mobiliser pour défendre la planète et le droit de nos enfants à disposer d’un avenir. Nous avons conscience que pour changer le monde, nous devons changer notre manière d’appréhender et de construire des relations avec celles et ceux avec qui nous travaillons, et former des alliances. Dans ce monde régi par une multitude de hiérarchies de genres, de classes, d’ethnies, de sexualités etc, il y a peu d’espace pour celles et ceux qui sont en position d’infériorité. Pour dépasser ce schéma, nous devons travailler sans relâche à comprendre et à faire entendre les mécanismes de ces hiérarchies, afin de créer des espaces plus inclusifs et accueillants ; et pour que chacun‧e se sente à l’aise au sein de notre mouvement, il faut bien sûr qu’il soit accessible aux plus marginalisé‧es et qu’iels puissent s’y sentir bienvenu‧es.

Ce principe nous engage à créer des espaces inclusifs et bienveillants. Notre objectif est bien de pouvoir accueillir toute personne, sans distinction d’appartenance ethnique, de classe, de sexe, d’identité sexuelle, d’âge, de revenus, quelles que soient ses compétences, ses origines, ses croyances, ou ses expériences du militantisme. Chaque membre du mouvement se doit d’être responsable et garant de la création et du maintien d’espaces plus accueillants et bienveillants. Souhaitons donc explicitement la bienvenue à toute personne qui arrive et considérons que l’adhésion à ces principes fondamentaux est un point de départ essentiel pour tous les nouveaux membres.

La violence physique ou l’incitation à la violence ne sont pas tolérées et nous condamnons toute forme de comportement discriminatoire, langage ou comportement fondés sur la domination raciale, le sexisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, l’homophobie, la discrimination envers les personnes en situation de handicap, la discrimination de classe, d’âge, et tout autre forme d’oppression qu’elle soit physique ou virtuelle, y compris les propos injurieux envers autrui lors d’une action, ou dans un autre contexte.

Nous avons également conscience que nous sommes des êtres complexes, dévoilant différentes facettes dans divers contextes. Nous pouvons par exemple tour à tour faire preuve de bienveillance, de jugement, voire réagir à la légère, et alors que nous assumons pleinement certaines de nos facettes, nous sommes en lutte contre d’autres ; ou bien elles peuvent simplement nous échapper, et nous n’en prenons conscience qu’une fois qu’elles nous sont révélées. C’est dans cet esprit de compassion et d’approfondissement de la connaissance de soi que nous prétendons évoluer et communiquer les un‧es avec les autres.

Les relations humaines sont la base sur laquelle repose ce mouvement et nous nous efforçons de les développer et de les maintenir dans un climat de confiance et de respect réciproques. Nous partons du principe que chaque membre est animé‧e de bonnes intentions et saura réagir face à un éventuel manque de respect. L’utilisation des techniques de résolution de conflits pour les gérer sainement permettra à notre mouvement de croître. Notre travail est fondé sur le dialogue, l’apaisement, la justice et la transformation collective. Nous ne tolérerons aucune forme d’humiliation ou d’intimidation et cela nous force à être honnêtes et clair‧es envers nous-mêmes et envers les autres. Nous avons toutes et tous des préjugés et des a priori ; nous devons le reconnaître plutôt que de mal le vivre. Il relève de la responsabilité de chacun‧e de changer ses habitudes et ses comportements destructeurs. Nous reconnaissons que le monde d’aujourd’hui est structuré selon diverses hiérarchies qui se recoupent, et qui sont fondées sur la classe sociale, la race, le genre, la sexualité, le handicap, etc. Ainsi, l’expérience de chacun‧e est façonnée par sa position dans ces diverses hiérarchies sociales. Une femme noire, par exemple, ne subira pas exactement la même oppression qu’une femme blanche du fait que, dans son cas, des discriminations de race se combinent avec les discriminations de genre et formatent son expérience de vie.

Alors que notre objectif est de vivre dans un monde où ces hiérarchies n’existent plus, nous ne pouvons tout simplement pas prétendre qu’elles n’existent pas au sein de notre propre réseau. C’est pourquoi nous nous efforçons de faire de la place et de donner la parole aux personnes qui ont d’ordinaire tendance à être exclues, et encourageons celles et ceux qui d’ordinaire ont tendance à rester en retrait à prendre des postes d’organisation et de coordination. Il ne s’agit pas de juger de « qui est le ou la plus opprimé‧e » mais de consciemment faire de la place aux personnes qui doivent se battre le plus pour être entendues, reconnues et respectées.

En pratique, cela signifie que :

- Nous orientons celles et ceux qui ont d’ordinaire tendance à être exclus vers des rôles de coordination.
- Notre communication médiatique met en avant des problématiques et des témoignages de personnes que l’on n’entend guère d’ordinaire (nous faisons par exemple le lien entre changement climatique et centres de détention pour migrant‧es). Cependant, nous nous efforçons de ne pas parler au nom d’autrui. L’accessibilité aux réunions comme aux actions est primordiale (que ce soit concernant la garde des enfants, l’accès aux fauteuils roulants, l’utilisation d’un langage intelligible qui ne soit pas du jargon technique).
- Nous avons conscience que des comportements oppresseurs sont socialement ancrés en nous, et les personnes privilégiées doivent s’engager à remettre en question leurs privilèges et être disposées à d’éventuelles remises en cause. Les titulaires de postes à responsabilité tournent et sont régulièrement renouvelés, de façon à ce que le pouvoir ne soit pas toujours aux mains des mêmes. Les pratiques antioppressives font partie intégrante de nos documents de formation.

Notre stratégie se concentre sur le travail à réaliser pour forger de véritables alliances avec d’autres mouvements citoyens représentant celles et ceux qui ont d’ordinaire tendance à être en marge.

Nous admettons aussi que tout le monde a droit à l’erreur, peut manquer de jugement ou faire des faux pas, et il n’est pas question de rabaisser qui que ce soit lorsqu’un problème surgit, et qu’il faut le gérer. Le fait d’avoir une base de données, un site internet, d’être sur les réseaux sociaux, de collecter des fonds, etc, conduit inévitablement à la concentration d’une partie du pouvoir. Au Royaume-Uni, un Système d’auto-organisation, le S.O.S (Self Organising System) a été mis en place, et nombre d’autres branches l’ont, ou sont en train de l’adopter.

Nous encourageons grandement tous les groupes à se poser ce type de questions, et à y réfléchir : si, par exemple, vous occupez toujours le même poste, pourquoi ne pas former quelqu’un‧e qui pourrait vous remplacer ? Si une autre personne est motrice au sein de tel ou tel poste, pourquoi ne pas apprendre d’elle pour enrichir votre expérience ? Pouvez-vous vous mettre au défi d’assumer un rôle plus important quand bien même ce ne serait pas dans vos habitudes ? Prenez-vous le temps de vous informer sur les questions de pouvoir et de privilèges ? Comprenez-vous comment le pouvoir et les privilèges que vous avez ont un effet sur les autres et sur le mouvement dont vous faites partie ?

Sur le long terme, tenir un discours moralisateur ou culpabilisant ne nous mènera nulle part. Ainsi, si nous pouvons être amené‧es, dans le cadre d’une campagne spécifique, à souligner le rôle destructeur d’une institution et des individu‧es qui y travaillent, nous partons quand même du principe que nous vivons dans un système toxique et que celui-ci n’épargne personne.

Nous pouvons donc pointer du doigt des comportements abusifs, délétères ou de domination, que nous ne tolérerons pas, mais nous ne dévierons pas de notre ligne directrice fondamentalement axée sur le pouvoir de compassion en tombant dans des discours moralisateurs ou culpabilisants. Il en va de même au sein de nos dynamiques internes, que cela concerne les relations entre rebelles ou dans notre rapport à nous-mêmes. Nous aspirons à un changement qui crée l’unité par-delà la diversité ; nous avons besoin de clarifier nos relations, en prenant garde de ne pas tomber inconsciemment dans le piège des luttes d’ego et d’en éviter les écueils. Il nous faut pour ce faire identifier les schémas relationnels qui peuvent nous diviser. Nous admettons qu’il est parfois nécessaire d’exprimer les émotions qui nous submergent, voire de prendre du recul, de faire une pause. Nous demandons à toutes et à tous de faire preuve de bienveillance à ce niveau, et de garder une ligne de conduite basée sur l’accueil, le partage, le respect et la convivialité.

Nous nous devons d’être indulgent‧es face à d’éventuels manquements, car nous apprenons justement de nos erreurs. Nous cherchons des moyens de nous connecter et de nous comprendre. L’écoute mutuelle est un outil puissant. Nous devons notamment faire attention à être à l’écoute de celles et ceux d’entre nous dont les voix sont souvent tues.

En même temps, nous avons conscience que beaucoup de gens et de mouvements à travers le monde sont confronté‧es à la mort, à l’exil et à la violence lorsqu’ils et elles défendent ce qui leur appartient. Nous ne condamnerons pas celles et ceux qui usent d’une force légitime pour défendre leurs familles et leurs communautés, d’autant que nous, activistes de l’hémisphère Nord, avons conscience des droits et privilèges dont nous bénéficions, et sommes donc solidaires de celles et ceux qui n’en ont pas et qui doivent se défendre en usant de moyens violents. Cela ne signifie pas que nous cautionnons toute violence, mais simplement que nous comprenons qu’elle soit justifiée dans certains cas.

Nous ne condamnons pas non plus les autres mouvements sociaux et environnementaux qui ont recours aux dégradations matérielles pour se protéger ou protéger la nature, par exemple en mettant hors service une installation de fracturation hydraulique ou un centre de détention. En revanche, notre réseau n’entreprendra aucune destruction de biens significative, à cause des risques pour le mouvement et ses membres (dans certains pays en particulier).

Toute personne ou groupe peut s’organiser de façon autonome par rapport aux problématiques qui lui paraissent les plus urgentes, et agir au nom et dans l’esprit d’Extinction Rebellion, tant que cette action ne déroge pas aux principes et valeurs d’Extinction Rebellion. De cette façon, le pouvoir est décentralisé, ce qui signifie qu’il n’est pas nécessaire de demander l’aval d’un quelconque autre groupe, ni d’une autorité centrale. En règle générale, nous aurions plutôt tendance à opter pour le système de « l’holacratie » plutôt que pour celui de la prise de décision par consensus :

- Un groupe peut s’accorder sur le fait qu’une ou deux personnes mènent à bien une tâche particulière pour le groupe. Ces personnes sont par conséquent habilitées à occuper ces postes en toute autonomie. Elles ont bien sûr intérêt à demander des conseils ou un retour, mais elles n’ont besoin de la permission de quiconque pour mener à bien leur tâche ;
elles sont totalement responsables des résultats et doivent les analyser ainsi que réfléchir au moyen de les améliorer à l’avenir. Si quelque chose tourne mal, elles ont aussi la responsabilité de faire au mieux pour gérer la situation et doivent aider à la « remise en ordre ».

En même temps, en tant que réseau, Extinction Rebellion s’auto-organise pour répondre aux besoins des personnes qui y participent, en s’efforçant de proposer des formations sur les actions stratégiques qui peuvent conduire au changement, en se formant (et en formant les autres) aux problématiques du pouvoir et des privilèges et sur comment décoloniser XR, en créant une meilleure accessibilité, en prenant soin de nos besoins émotionnels lorsque nous travaillons ensemble et en réservant des moments pour apprendre à se connaître, se détendre et se divertir.

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Notre histoire.

Extinction Rebellion est un mouvement international qui a recours à la désobéissance civile non-violente pour tenter d'enrayer l'extinction de masse, et de minimiser les risques d’effondrement sociétal. Le 31 octobre 2018, des militants britanniques se sont rassemblés sur la place du parlement à Londres pour annoncer une déclaration de rébellion contre le gouvernement britannique. Les semaines qui ont suivi ont été un tourbillon. Six mille rebelles ont convergé vers Londres pour bloquer pacifiquement cinq ponts sur la Tamise. Des arbres ont été plantés au milieu de la place du Parlement, et un trou y a été creusé pour enterrer un cercueil représentant notre avenir. Les rebelles se sont superglués aux portes du palais de Buckingham en lisant une lettre à la reine. Extinction Rebellion était né. L’appel à la rébellion s’est rapidement mondialisé, avec la création d’autres groups dès la semaine suivante en Europe, aux États-Unis, et peu de temps après dans le monde entier. Dépourvu de leader, et véritablement international, chaque nouvelle groupe rend ce mouvement plus fort, apportant nouvelles perspectives, connaissances, éxpériences, énergie, et inspiration.

Pourquoi se rebeller ?
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Ce que vous pouvez faire.

C'est maintenant qu'il faut agir.

Les approches traditionnelles telles que signer des pétitions, faire du lobbying, voter, manifester, n'ont pas fonctionné, dans la mesure où de puissants intérêts économiques et politiques font barrage au changement. Notre stratégie s'inscrit donc bien dans la désobéissance civile non-violente, mais perturbatrice. Nous nous rebellons pour faire avenir ce changement, tous les autres recours ayant été épuisés.

Rejoignez-nous et passez à l'action dès maintenant

Fait avec amour et rage Extinction Rebellion (XR) est un mouvement collaboratif. Tous nos logos et visuels peuvent être utilisés à des fins non-commerciales, dans un objectif de sauvegarde de la planète. Cela ne veut pas dire que quiconque soit autorisé à créer T-shirts ou bagdes à notre effigie pour lever des fonds, ni en vue d'envoyer un pourcentage des ventes à XR. Nous ne commercialisons strictement rien à notre effigie, et quiconque le ferait s'engagerait à des poursuites. Le symbole de l'extinction a été créé en 2011 par l'artiste ESP, qui a mis ce logo à disposition d'XR dans ce même esprit : www.extinctionsymbol.info