Extinction Rebellion, retour sur l'année 2019

Monday, December 30, 2019 by Extinction Rebellion

year inreview

  • Deux vagues de rébellion internationale, des centaines d'actions de désobéissance civile non-violente dans le monde entier. La création de plus de 800 branches XR dans plus de 70 pays. La déclaration d'urgence écologique et climatique dans plus d'une vingtaine de pays, des centaines de déclarations similaires au niveau local, et une au niveau continental (l'Union Européènne). Le mouvement le plus influent durant la COP25 (une montagne de purin sur laquelle pousseront les plus belles fleurs)

31 décembre 2019, (Planète Terre) - Ce groupe de citoyens ayant fomenté ce projet ambitieusement délirant en avril 2018, ne pouvait juste pas s'imaginer l'ampleur que prendrait leur initiative à l'échelle mondiale. Profondément conscients de la gravité de la situation, d'à quel point nos sociétés avaient échoué à faire face à la pire crise existentielle à laquelle l'humanité toute entière n'ait jamais été confrontée, leur objectif était de finalement tenter d'enrayer cette problématique négligée par les gouvernements mondiaux, en créant le plus grand mouvement de désobéissance civile de l'histoire, en matière de climat et d'environnement. 2019 arrivant à sa fin, Extinction Rebellion (XR) fait une pause, et prend du recul et revient sur les jalons qui ont été posés pendant l'année.

Le mouvement international ancré dans une stratégie de désobéissance civile non-violente, continue à clamer ses trois revendications principales, adaptées aux réalités locales :

  1. Dire la vérité Nous exigeons de nos gouvernements qu’ils relaient la vérité en déclarant l’urgence écologique et climatique, en travaillant de concert avec les médias et d’autres institutions, et qu’ils communiquent sur l’urgente nécessité à générer le changement.
  2. Agir maintenant
    Nous exigeons de nos gouvernements qu’ils prennent des mesures immédiates pour enrayer l’effondrement de la biodiversité, et pour réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, en vue de parvenir à la neutralité carbone d’ici 2025.
  3. Dépasser le Politique
    Nous exigeons de nos gouvernements qu’ils mettent en place une assemblée nationale citoyenne, qui soit dotée du pouvoir décisionnel en matière de justice écologique et sociale.

Pour délivrer son message, et relayer ses revendications, XR a organisé deux rébellions internationales, une en avril, et l'autre en octobre. La rébellion d'avril a retourné Londres et l'indifférence générale, les rebelles ayant célébré le Vivant au cœur de la capitale britannique pendant deux bonnes semaines. D'autres branches d'XR se sont aussi lancées au niveau international, telles que Buenos Aires, Paris, Sydney pour n'en citer que quelques unes. Toutes ces actions dans le monde ont conduit à des milliers d'arrestations, généré des millions de déficits financiers, et ont même poussé le Parlement britannique a déclaré l'urgence écologique et climatique, premier organe législatif à le faire au monde.

À lui seul, le mouvement Extinction Rebellion a remis le sujet sur la table, et forcé le monde à débattre de la crise écologique et climatique. Alors que la rébellion s'est étendue aux quatre coins de la planète, XR est entré dans l'Histoire. En France, en Allemagne, en Afrique du Sud, au Ghana, en Inde, en Nouvelle-Zélande, au Chili, partout, on retrouve le logo du sablier XR, même là où on l'attendait le moins, à une exception près : l'Antarctique. Jusqu'à maintenant du moins. Jour après jour, partout dans le monde, des rebelles se sont alliés avec des mouvances environnementales bien établies comme Greenpeace, ou bien avec des mouvements plus récents comme Fridays for Future. L'essentiel étant aussi d'avoir réussi à toucher diverses branches de la société civile, et surtout les citoyennes et les citoyens. “La crise écologique et climatique n'a pas de frontières,” explique Pippi Van Ommen, une étudiante néerlandaise de 23 ans, "si le niveau des eaux monte de 2 mètres, ma ville natale, et la grande majorité des Pays-Bas n'y survivra pas. Je n'étais pas spécialement engagée auparavant. J'ai entendu parler d'Extinction Rebellion sur Instagram, et j'y consacre dorénavant tout mon temps, bien que j'ai eu à rendre ma thèse en décembre. XR est apartisan, ne se revendique ni de droite, ni de gauche, représente toutes les classes sociales, et toutes les tranches d'âge, et refuse les hiérarchies pyramidales. Tout le monde y est bienvenu."

Une des images les plus emblématiques a été cet appel à se rebeller pour le Vivant -“Rebel for Life”-, peint sur des bâteaux roses, jaunes, ou bleus, amarrés au beau milieu du centre-ville de nombre de capitales dans le monde, et véhiculant ce message “Nous sommes tous sur le même bateau, dans la même galère”, qui résonne tout autant dans l'esprit des rebelles, que dans celui de l'opinion publique, répercuté par la vague du mouvement écologique et climatique du printemps dernier qui a déferlé dans le monde entier. Extinction Rebellion est différent, et serait d'après CNN, “le mouvement environnemental international ayant le plus le vent en poupe.” Oui c'est un mouvement radicalement différent, constitué d'ingénieurs, de docteurs, de chômeurs, de retraités, d'étudiants, de scientifiques, de journalistes... en bref, un mouvement de citoyens plutôt ordinaires, voire extraordinairement normalement humains.

"XR a recours à la désobeissance civile pour réveiller les esprits et leur faire prendre conscience de la réalité de la crise écologique et climatique. C'est un réseau qui regorge d'énergie, qui fait appel à nos émotions, à celles ressenties lorsque l'on visualise ce futur dévasté, si nous n'agissons pas maintenant," explique Egbert Born, 53 ans, poète à Amsterdam. Adelheid Lüchtrath, médecin de 67 ans, témoigne de son année, précisant qu'elle “n'avait jamais été arrêtée, ni n'avait reçu aucune amende, mais qu'elle était prête à passer du temps en prison, si cela pouvait servir la cause écologique. Cela fait 40 ans que je me bats pour l'environnement puisque les politiciens, eux, ne font rien. Ils ne veulent pas réagir."

XR s'est entretenu avec responsables politiques et gouvernements à travers le monde. Une grand-mère qui faisait la grève de la faim pour dénoncer le bouleversement climatique en novembre, a été reçue par Richard Bruton, ministre de l'environnement en Irlande. En Espagne, XR a été reçu par Teresa Ribera, ministre de la transition écologique, ainsi que par le premier ministre, Pedro Sanchez, et en Suède la ministre de l'environnement a accepté de rencontrer les grévistes de la faim. Aux États-Unis, des rebelles en grève de la faim, ont occupé le bureau de la présidente de la Chambre des réprésentants, Nancy Pelosi, au Capitole.

Pendant la COP25, le 25ème sommet climatique de l'ONU, le mouvement a assis sa réputation d'interlocuteur sérieux à la table des négociations politiques. Malgré le changement de dernière minute, le sommet s'étant finalement tenu à Madrid, plutôt qu'à Santiago au Chili, suite aux troubles sociaux déstabilisant le pays, XR s'est bien fait entendre. À l'intérieur, Skeena Rathor, co-fondatrice du mouvement, et Tim Crosland, coordinateur d'XR UK, ont pu rencontrer la présidente, et aborder la nécessité d'une réelle coopération face à l'adversité, ainsi qu' anticiper sur la COP26 qui aura lieu à Glasgow. À l'extérieur, des rebelles sans frontières, de plus de 20 pays, ont protesté ,et scandé leur indignation chaque jour, via des actions de désobéissance civile (et de discobéissance), allant jusqu'à déverser une montagne de purin devant l'entrée du sommet. Sur la carte qui l'accompagnait, on pouvait lire : “Chers responsables…Les conneries, ça suffit.” Quelques jours plus tard, une entreprise d'analyse des médias sociaux, Onolytica, a attribué à XR le statut de mouvement le plus influent durant la COP 25.

Et pourtant, les émissions de gaz à effet de serre continuent d'augmenter, et la COP25 s'est avérée une farce de Noël, tout à fait incapable de susciter le moindre changement de trajectoire, se contentant de reporter, et de repousser le problème vers la COP26. Extinction Rebellion sera très certainement au RDV.

Pour nous tous au sein d'XR, 2019 a été l'année pendant laquelle nous avons délivré notre message, et tiré la sonnette d'alarme écologique et climatique. Nous continuerons à nous rebeller, à lutter pour le Vivant, et à étendre notre révolution de par le monde, avec force compassion. Il ne nous reste plus beaucoup de temps, et Extinction Rebellion restera en première ligne dans la lutte face à l'urgence planétaire, moteur du changement dans un monde qui part à vau l'eau. En 2020, c'est le monde entier qui doit nous rejoindre.

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À propos de la rébellion

extinction rebellion est un mouvement international, décentralisé, autonome, et apartisan, ayant recours à l’action directe non-violente pour faire pression sur les gouvernements, afin qu’ils prennent enfin les mesures radicales nécessaires pour faire face à l’urgence écologique et climatique. Notre mouvement est composé de toutes sortes de personnes aux profils variés, qui participent selon leurs capacités et disponibilités. Il y a des chances pour qu'il y ait un groupe local près de chez vous, qui serait ravi que vous vous fassiez connaître ! S'impliquer …ou vous pouvez aussi faire un don.

Fait avec amour et rage Extinction Rebellion (XR) est un mouvement collaboratif. Tous nos logos et visuels peuvent être utilisés à des fins non-commerciales, dans un objectif de sauvegarde de la planète. Cela ne veut pas dire que quiconque soit autorisé à créer T-shirts ou bagdes à notre effigie pour lever des fonds, ni en vue d'envoyer un pourcentage des ventes à XR. Nous ne commercialisons strictement rien à notre effigie, et quiconque le ferait s'engagerait à des poursuites. Le symbole de l'extinction a été créé en 2011 par l'artiste ESP, qui a mis ce logo à disposition d'XR dans ce même esprit : www.extinctionsymbol.info