XR Global hunger strike

À Paris, des représentants autochtones brésiliens dénoncent le rôle des investisseurs financiers dans la destruction de la forêt amazonienne

Mardi 12 novembre 2019, à Paris (FRANCE) – Huit dirigeants autochtones brésiliens ont manifesté, accompagnés de 100 personnes dans un centre de la finance à Paris, pointant du doigt la responsabilité des investisseurs français en matière de bafouement des droits de l’homme, et de destruction de l’environnement en Amazonie. Plusieurs banques françaises telles que BNP Paribas et la Société Générale, financent clairement la déforestation en Amazonie et au Cerrado, à hauteur de milliards d’euros, en investissant, réalisant des placements, et en accordant des prêts à des compagnies directement liées à la déforestation, à savoir le secteur de l’industrie bovine, et de l’exportation de soja.

Une délégation de dirigeants autochtones de l’APIB (Articulation des Peuples Indigènes du Brésil APIB - APIB - Articulação dos Povos Indígenas do Brasil -) se rend dans 12 pays européens pour dénoncer l’augmentation exponentielle des terribles violations commises à l’encontre des peuples autochtones du Brésil et de l’environnement depuis l’investiture du président Jair Bolsonaro en janvier 2019 . Intitulée « Sang autochtone : pas une goutte de plus ! » cette campagne en appelle aux dirigeants politiques et économiques européens pour qu’ils se positionnent face aux graves violations perpétrées contre les peuples autochtones et l’environnement au Brésil.

Le 1er novembre, Paulo Paulino Guajajara, un garde-forestier autochtone a été abattu lors d’une embuscade par un groupe de bûcherons qui travaillait illégalement sur le territoire amazonien dont il avait la garde. Une sanglante tragédie de plus qui frappe de manière emblématique les activistes brésiliens, défenseurs de l’environnement, et des droits de l’homme.

“Nombre de compagnies européennes exploitent directement la fôrêt amazonienne sur nos territoires”, s’insurge Sonia Guajajara, porte Parole de la APIB. “Nous ressentons déjà les effets de cette exploitation effrénée, et vous ne tarderez pas à les ressentir ici en France aussi. Les grands groupes européens doivent prendre leurs responsabilités. Tout est en jeu, la forêt amazonienne, le climat, et notre survie. Il est urgent d’agir tant qu’il en est encore temps !”

En avril dernier, une étude de l’APIB produite en collaboration avec Amazon Watch, a prouvé en quoi les grands groupes européens et états-uniens, ainsi que les banques et les négociants en soja, perpétuent et encouragent la crise qui sévit dans la région. Ce rapport a analysé les liens et les intérêts commerciaux entre les compagnies brésiliennes qui ont été condamnées en justice pour des crimes contre l’environnement en Amazonie, et les les sociétés, banques, actionnaires et négociants en soja européens et nord-américains. Les évènements récents, les feux de forêt, illustrent de plus en plus combien les intérêts des grands groupes locaux et internationaux perpétuent la déforestation, exacerbant les conflits de territoires, et l’escalade de la violence.

“Les banques et les grands groupes d’investissement jouent un rôle critique, en investissant, faisant des placements, et souscrivant à des prêts de milliards d’euros, auprès des négociants en soja et du secteur de l’industrie bovine,” indique Christian Poirier, le directeur des programmes chez Amazon Watch. “Ces financements permettent à l’agro-business de non seulement maintenir mais d’étendre leurs activités, accélérant ainsi la déforestation de l’Amazonie et du Cerrado de manière vertigineuse. BNP Paribas a investi plus de 3 milliards de dollars auprès des 4 plus importants exportateurs de soja dans le monde, ainsi que dans le secteur de l’industrie bovine dans une moindre mesure.”

Ces deux activités agro-alimentaires, l’élevage bovin, et la culture du soja sont les principales causes de la déforestation au Brésil. L’élevage bovin à lui seul a conduit à 80% de la déforestation, 80% de l’Amazonie ayant été déboisée, et allouée au pâturage du bétail. Les impacts économiques et environnementaux qui en découlent, touchent le marché international : Le soja produit au Brésil représente 14.3% des exportations totales du pays, et rapporté 31.0 milliards de dollars en 2017, alors que les gains générés par l’exportation de viande bovine s’élèvent à environ 5.4 milliards de dollars. Le Brésil est le premier importateur mondial de soja et de viande bovine. Si le monde continue à soutenir un tel marché, ces industries n’en feront que plus de profits, et perpétueront l’extension brutale de leurs activités, au détriment de la protection des forêts et des droits des populations autochtones.

“Extinction Rebellion affirme son soutien et sa solidarité à l’APIB, et aux représentants de cette délégation, et soutient leurs efforts pour dénoncer le rôle joué par la finance internationale dans la destruction de la forêt amazonienne, à travers une campagne de solidarité internationale. Le génocide des populations autochtones du Brésil est réel, et c’est pourquoi nous devons joindre nos forces et s’allier dans cette lutte pour la survie. “Nous, Extinction Rebellion, sommes leurs alliés non seulement au niveau international, mais également au sein de nos branches respectives”, a déclaré une des porte-parole d’ Extinction Rebellion France, présent à la manifestation de Paris.

La manifestation à Paris a reçu le soutien d’associations et ONG telles que : Autres Bresils, Alerte France Bresil, Weaving Ties, Extinction Rebellion France, Planète Amazone, Amazon Watch, Nature Rights Citoyens Pour le Climat Paris, and others.

Interviews avec des représentants de la délégation de l’APIB disponibles sur demande

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